Le cuir vegan, quand bien même il existerait, est-il vraiment durable  – MEEKO

Le cuir vegan, quand bien même il existerait, est-il vraiment durable ?

par Maxime Savart

Et non ! Tout comme l’eau sèche, le cuir vegan n’existe pas.

 

Cette expression est effectivement un non-sens. Le cuir, par définition, est issu de la peau animale. « Vegan », lui, désigne un mode de vie à part entière où l’on ne consomme / utilise aucun produit issu de l’exploitation animale (sans se limiter au régime alimentaire). Associer ces deux termes est donc pour le moins étonnant.

 

 

Le consommateur doit s’informer et se méfier de cette association fourre-tout bien souvent mise en avant pour justifier une approche plus éthique et plus durable. Car, au-delà d’être incohérent, ce terme regroupe souvent un ensemble de nouvelles matières qui ne sont pas toujours écologiquement idéales ou respectueuses du vivant.

 

Nous sommes récemment tombés sur la pub d’une marque de baskets promouvant sa nouvelle collection en « cuir vegan, plus durable ». Durable par rapport à quoi ? On ne sait pas. Lorsque l’on se penche sur la matière employée, on remarque qu’il s’agit d’un bon vieux similicuir comme il en existe depuis des décennies. C’est aussi le genre de matière que l’on a utilisé donc on sait de quoi on parle 😊.

 

Pourquoi est-il complexe de qualifier cette matière de durable ? Tout simplement parce qu’elle présente des points positifs et négatifs.

 

BIEN : non issue de l’exploitation animale, aucun être vivant n’a été tué dans le processus de création

 

BIEN : ne participe pas à l’élevage de masse qui est le principal facteur de déforestation dans le monde (+ érosion des sols, asséchement des rivières, etc.)

 

PAS BIEN : constitué de fibres synthétiques en polyamide coagulées dans une résine (en général du polyuréthane, dit PU)

 

PAS BIEN : issue de procédés pétrochimiques nocifs pour les ouvriers qui les appliquent, notamment chez les fournisseurs non européens*

 

*Nos fournisseurs sont soumis à la réglementation européenne REACH qui traite de l’utilisation et de l’élimination des produits chimiques.

 

Encore une fois le critère de durabilité dépend d’où l’on place son curseur de priorité. Pour MEEKO, il était impensable d’utiliser des matières animales compte tenu de nos engagements et de nos convictions personnelles. Cela ne veut pas dire que ces choix devraient être les mêmes pour toutes les marques.

 

Pour d’autres cela sera l’aspect naturel et biodégradable qui prévaudra. Dans ce cas un cuir à tannage végétal (sans chrome), souvent qualifié de « cuir végétal », sera considéré plus durable que du similicuir. Dans le cas d’un tannage chimique, la peau ne sera plus biodégradable et l’impact environnemental deviendra alors colossal. Pas de vision manichéenne, libre à chacun de s’informer quant à ces matières et de faire ses propres choix.

 

Si le débat peut donc exister entre un cuir européen sans chrome et un similicuir européen de qualité certifié REACH, il n’y pas de comparaison possible avec des matières made in Bangladesh.

En effet, les pays en développement se sont jetés sur l’industrie du cuir, avec des normes beaucoup moins strictes en matière de droit du travail et d’écologie : 90% de mortalité avant 50 ans pour les ouvriers, travailleurs de moins de 10 ans, destruction des écosystèmes, intoxications, etc.

Peu importe vos priorités éthiques ou écologiques, aucune ne sera respectée là-bas… Rappelez-vous que lorsque vous payez un produit peu cher, un être vivant en paie le prix quelque part sur la planète.

 

La 1ère collection MEEKO, la running Coco Pongo, est vegan (certifié par la PETA) et en partie recyclée. Ci-dessous la composition détaillée :

Renforts 1 : similicuir (certifié Oeko-Tex® Standard 100 classe I – sans agents nuisibles pour la santé) - Espagne 

Renforts 2 : microsuede (certifié Oeko-Tex® Standard 100 classe I – sans agents nuisibles pour la santé) – Espagne 

Toile : mesh en fibre de plastique recyclé – Espagne 

Doublure et lacet : coton biologique - Espagne

Semelles : EVA et caoutchouc recyclé - Portugal

 

Dans un prochain article nous analyserons les alternatives plus naturelles qui voient le jour un peu partout (ananas, raisin, pomme, cactus, de quoi faire un super cocktail).

 

 

Vraie innovation durable ou fausse bonne idée ? Le sujet s’annonce épineux (cactus…épineux… vous l'avez ?).

 

Merci de nous avoir lu.

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