Quelle est l'histoire des sneakers ? On vous dit tout ! – MEEKO

Quelle est l'histoire des sneakers ? On vous dit tout !

par Maxime Savart

La dénomination "sneakers" est aujourd'hui sur toutes les lèvres. Elle est utilisée autant par les afficionados du streetwear que par les créateurs, marques, influenceurs ou encore grands distributeurs de chaussures pour désigner un type de chaussures inspirées des modèles prévus pour le sport et destinées à un usage quotidien. Adulées avant tout pour leur style et leur confort, les sneakers en fait des baskets adaptées aux contraintes du quotidien, adaptées à n'importe quel contexte ou situation. D'ailleurs, le premier critère d'achat des sneakers est très souvent le style, la volonté de soigner son look !

Cependant, avant d'être le raz de marée sur la mode que l'on connait, les sneakers ont eu beaucoup d'autres usages. C'est pourquoi je vous propose de dérouler ensemble l'histoire des sneakers, du 19 ème siècle jusqu'à l'arrivée de MEEKO (😜) et de ses COCO PONGO.

 

Comment les sneakers sont-elles devenues tendance ?

Contrairement à ce que l'on pourrait imaginer (notamment quand on a lu "Shoe Dog", la biographie de Phil Knight, fondateur de Nike, qu'on ne peut que vous conseiller !), les sneakers ne sont pas apparues dans les années 80 avec l'avènement du hip-hop. S'il est bien le courant artistique qui a favorisé la croissance du phénomène, les sneakers sont en fait apparues à la fin du 19 ème siècle !

 

L'arrivée des semelles en caoutchouc

C'est l'époque où l'utilisation du caoutchouc est de plus en plus importante, et dans de plus en plus de secteurs : révolution industrielle oblige. Elle va d'abord s'installer dans l'automobile pour ensuite franchir le pas du secteur de la chaussure. Parmi les firmes initiatrices du mouvement on trouve la "United States Rubber Company", aujourd'hui connue sous le nom Uniroyal. Elle est créée en 1892 et va diviser ses activités autour de la transformation du caoutchouc dans plusieurs divisions.

Regroupant à l'origine plus de 30 marques, la marque Keds (1916) dédiée à la conception de chaussures connut une croissance remarquable grâce au succès de ce qui restera la toute première paire ayant une semelle flexible.

Keds, premières sneakers

 Mise en vente en 1917, cette paire restera dans les annales grâce à son confort, son style, et surtout sa discrétion affirmée par cette semelle en caoutchouc surmontée d'une tige en toile. Ce mix matières permettait de se déplacer sans faire trop de bruit c'est pourquoi très vite elle trouva le surnom de "sneaker" dérivé de l'anglais "sneak on" ou bien dans notre meilleur français "arriver en douce". Si celles-ci sont étaient très loin de ce que nous appelons aujourd'hui des sneakers, la marque Converse amènera quelques mois plus tard un modèle iconique, bien plus proche des modèles actuels : la Chuck Taylor All Star.

Chuck Taylor All Star - Histoire de la sneaker

Toutes les deux arrivées pendant la seconde guerre mondiale, les modèles de Keds et Converse ont eu un destin extrêmement lié à la politique. Dès la fin du conflit mondial, les pays les plus affectés comme l'Allemagne, l'Italie ou encore le Japon vont tous inciter leurs peuples à la pratique régulière d'un exercice physique, pour la santé bien sur, mais surtout pour se préparer à un éventuel nouveau conflit. Ces déclarations vont amener de nombreux mouvements fascistes à se les approprier pour les meetings sportifs. L'image des baskets en sera fortement dégradée. Celles-ci seront également adoptées par les plus grands criminels, les plus grandes mafias de l'époque.

 

Les sneakers, un nouveau symbole de contestation et de dénonciation

Peu avant la seconde guerre mondiale, l'association des sneakers à la politique franchira un nouveau palier. Nous sommes aux Jeux Olympiques de Berlin en 1936 quand Jesse Owens qui courait avec des chaussures conçues par Adi et Rudolf Dassler, athlète afro-américain, remporte le 100 mètres, le 200 mètres, le relais 4x100 et le saut en longueur. Historique. Il fera alors rager Adolf Hitler, leader tristement célèbre du régime nazi.

À la fin de la guerre, pendant laquelle l’armée réquisitionnera le savoir-faire et les ressources des deux frères pour faire fabriquer les bottes de ses soldats, les sneakers deviendront un symbole de contestation et dénonciation contre la ségrégation qui sévissait à la fois aux Etats-Unis et dans le reste du monde.

 En 1968, Jeux Olympiques de Mexico, les 2 coureurs américains John Carlos et Tommie C. Smith termineront tous les 2 sur le podium, 1er et 3 ème du 200 mètres. Sur le podium, ils lèveront le poing gauche et retireront leur PUMA Suede, symbole de l'appartenance au mouvement Black Panther.

JO de Mexico 1968 - Tommie Smith

Suite à cet événement qui marqua l'histoire du sport et la lutte contre la ségrégation raciale, les années 60 seront acquises à la PUMA Suede, carton commercial de l'époque. Celles-ci auront presque réussi le tour de force de faire "oublier" trois modèles iconiques d'Adidas qui naitront pendant cette décennie, la Stan Smith en 1964, la Superstar et la Gazelle lancée en 1968 par la marque allemande. Nike se joindra à la fête peu après, en 1972, en introduisant son modèle Cortez.

 

Comment la montée du basketball entraine le "phénomène sneakers"

La rivalité entre les 2 marques phares, Adidas et Puma continuera sur les parquets de la NBA. La marque aux 3 bandes fera une grosse percée grâce à son modèle Superstar qui équipe alors 75% des joueurs de la franchise à la fin de sa première année de commercialisation (!). Grâce à son fameux "shell-toe" devant et son talon réhaussé offrant une protection du tendon d'achille très adaptée aux sollicitations du corps du basket, elle sera adoptée par des énormes stars comme Kareem Abdul-Jabbar (on espère que tu connais cette légende) qui changera alors sa paire de Pro-Keds pour celle de la marque allemande. Avec Puma, les marques mettent fin à la domination Keds et Converse sur la NBA. Elles seront très vite accompagnées de Nike qui prendre un avantage sans retour suite au lancement du mythique modèle Air Force 1 en 1982. 1982 voit également la sortie du tout premier modèle exclusivement féminin (on ne vous oublie pas mesdames), la Reebok Freestyle, destinée à la pratique de l'aérobic puis plus tard du yoga.

Puis en 1984, Nike entrera dans la légende en signant un contrat avec le basketteur iconique Michael Jordan. Peu après après ses débuts en NBA aux Chicago Bulls sous le numéro 23, il obtiendra une paire à son effigie : la Air Jordan 1. La Air Jordan ne respectait pas les codes vestimentaires imposés par la franchise NBA, puisqu'elle arborait les couleurs blanche, rouge et noire de l'équipe des Bulls dans laquelle MJ allait faire des merveilles. Une amende de 5 000 dollars lui fut donc infligée pour chaque match officiel joué avec cette paire pourtant bannie. Nike s’engagea à régler cette amende pour continuer à voir la Jordan 1 sur les parquets, ce qui fit couler beaucoup d’encre (notamment au Wall Street Journal et au au New York Times) et accéléra son ascension dans le basketball.

Air Jordan 1 bannies - Michael Jordan

Ces baskets vont commencer à sortir du cercle NBA pour envahir les terrains de jeu américains, comme à Baltimore où les jeunes basketteurs chaussent de plus en plus ce modèle devenu iconique. Ils iront même jusqu'à la personnalisation de leurs paires, pour contrer le manque de coloris disponibles à l'époque, ce qui jouera un rôle majeur dans le développement du "phénomène sneakers".

 

La culture hip-hop en ambassadeur

Sorties des terrains de basket, les sneakers s'installent rapidement dans la rue. C'est là que la culture hip-hop va jouer un grand rôle, d'abord dans l'univers du breakdance, avec les groupes de "B-Boys". Pour pratiquer cette danse, entre l'art et le sport, les amateurs de breakdance ont besoin d'une paire de baskets capables de leur donner une grande stabilité sans mettre en danger leur style, si spécifique à la discipline. La PUMA Suede, grâce à sa semelle épaisse et ses nombreux coloris se démarquera comme étant la chaussure de breakdance par excellence. Ensuite, arrivera l'âge d'or de la Superstar d'adidas que les rappeurs du groupe RUN D.M.C amèneront au sommet de la hype. En tant que purs fans de la paire de sneakers qu'ils portaient tout le temps, ils sont allés jusqu'à lui dédier un tube "My adidas" en 1986, et ont obtenu un contrat de sponsoring de la marque par la suite, après un concert d'anthologie au Madison Square Garden où ils invitèrent un haut représentant de la marque.

 RUN D.M.C - Adidas, my adidas

 

Comment les années 90 sont devenues l'ère du running ?

Malgré le montée en puissance incroyable du basket, Nike n'oublie pas que c'est avec l'athlétisme qu'elle est sortie de l'ombre. Après avoir conquis les parquets avec les modèles Air Force 1 et Air Jordan 1, Phil Knight et Bill Bowerman, ses fondateurs, retourneront à leur premiers amour, leur sport de prédilection à savoir la course à pied. L'objectif affiché à Tinker Hatfield (célèbre designer), créer une paire à la fois moderne, stylée, mais adaptée pour le running pour reprendre des parts de marché perdues petit à petit dans le secteur. De la née la Air Max 1, modèle mondialement connu aujourd'hui qui sera le premier succès d'une longue série de déclinaisons à laquelle la firme à la Virgule rend hommage chaque année lors du Air Max Day. Futuriste avec sa bulle d'air et sa technologie d'amortissement encore à la pointe aujourd'hui. Elle sera très vite copiée sur cette technologie par des modèles Reebok, comme la Reebok Pump, qui reste un des plus gros succès de la marque, rachetée par Adidas en 2005.

Aujourd'hui, le succès des sneakers est tel qu'elles se déclinent sous différentes formes et technologies, toutes plus folles les unes que les autres. Elles sont d'ailleurs portées presque uniquement en ville à présent. Elles sont les "sneakers".

On pense qu'on peut contribuer avec MEEKO à ce phénomène mais en amenant une forme plus vertueuse et durable, tu nous aides ?

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